We Share : quand les dirigeants osent parler de ce qui ne se voit pas
Chez Cap Réussite, certaines soirées marquent plus que d’autres.
Pas par leur format.
Pas par leur nombre de participants.
Mais par ce qui s’y dit. Vraiment.
La dernière soirée We Share, organisée à Angers, en fait partie.
Célébrer… et se rappeler pourquoi on est là
La soirée s’ouvre sur une célébration : les 10 ans de parcours entrepreneuriaux accompagnés par Cap Réussite.
Plus de 80 porteurs de projets accompagnés par plus de 40 mentors, chefs d’entreprise bénévoles.
Autant de belles histoires d’entrepreneuriat… et de rencontres.
Mais derrière ce mot — réussite —, une réalité que tous les dirigeants présents connaissent : rien n’est linéaire.
Ce moment donne le ton. Depuis toujours, Cap Réussite s’appuie sur une conviction simple :
les plus belles avancées naissent souvent des échanges sincères entre entrepreneurs.
- Générosité des dirigeants bénévoles.
- Confidentialité des échanges.
- Gratuité de la mise en relation.
Ici, pas de posture. Juste des dirigeants qui parlent à des dirigeants.
Comme le rappellent Thomas Boulay et Nicolas Bichot,
le besoin d’être accompagné ne concerne pas uniquement les débuts. Il traverse toute la vie d’un entrepreneur.
C’est dans cette logique qu’a été lancée une nouvelle offre : Cap Entre’Aide.
Un dispositif simple, gratuit, mais essentiel : permettre à chacun de ne pas rester seul, que ça aille bien… ou beaucoup moins bien.
Parce qu’il ne s’agit pas d’apporter des réponses toutes faites, mais de poser les bonnes questions, au bon moment.
Et si on parlait de ce qui bouscule vraiment ?
Le thème de la soirée est posé :
Comment se réinventer dans un monde qui change ?
Derrière cette question, une autre, plus implicite :
que se passe-t-il quand tout ne se passe pas comme prévu ?
Comme le rappelle Amélie Michel en introduction :
l’entrepreneuriat n’est pas une ligne droite.
Et pourtant, on parle beaucoup plus facilement des réussites que des moments de bascule.
- Par réflexe,
- Par pudeur,
- Par culture aussi.
Parce qu’un dirigeant est encore souvent perçu comme quelqu’un qui doit tenir. Encaisser. Ne pas faillir. Mais la réalité est différente.
Et c’est précisément cette réalité que deux dirigeants ont accepté de partager sans filtre.
Burn-out, liquidation : quand le réel rattrape
Éric Kessler, ancien dirigeant d’une entreprise de menuiserie-agencement de 25 salariés, évoque un moment de bascule radical : le burn-out.
Un moment où, selon ses mots, on devient dangereux — pour soi, pour son entreprise, pour ses équipes, pour sa famille.
Un moment où il faut dire stop.
En face, Hélène Grelier, Fondatrice de Logisseo, entreprise de logistique de 40 salariés et K’livéo, service de livraison à vélo, 38 salariés. Hélène Grellier a construit et développé son entreprise pendant plus de 15 ans avec conviction. Elle raconte une autre forme de bascule. Plus progressive. Plus insidieuse.
Le creux de la vague était là depuis longtemps.
Mais difficile de le voir quand on est “le nez dans le guidon”.
Jusqu’au moment où tout vacille.
La liquidation de son entreprise K’livéo — loin d’être uniquement une chute — devient une forme de délivrance.
- Ne plus porter seule.
- Ne plus être responsable de tout.
- Pouvoir respirer à nouveau.
Deux parcours différents.
Une même réalité : ces moments existent. Et ils arrivent plus souvent qu’on ne le pense.




Ce qui tient quand tout vacille
Quand tout bouge, qu’est-ce qui reste ?
Pour tous les deux, la réponse est claire : la famille. Un point d’ancrage. Un rappel de ce qui compte vraiment. Mais aussi, parfois, les équipes qui s’autonomise, prennent le relai et leurs responsabilité en main.
Ces moments révèlent une autre vérité essentielle : la capacité d’une entreprise à exister sans son dirigeant.
Transmettre, ce n’est pas vendre
La question de la transmission a traversé toute la discussion. Et avec elle, une nuance essentielle : transmettre n’est pas céder.
Transmettre, c’est faire passer :
- un ADN.
- Une culture.
- Une manière de travailler.
C’est accepter aussi que l’entreprise continue… sans soi.
Et parfois, même, que les équipes “oublient” leur ancien dirigeant.
Un signe, paradoxalement, que la transmission est réussie.
Se réinventer, vraiment
Après ces épreuves, une question reste : qui est-on quand on n’est plus dirigeant ?
Pour Hélène, la réponse est encore en construction.
Mais une chose est certaine : elle redécouvre une forme de liberté.
- Plus de temps.
- Moins de pression.
- Une nouvelle page à écrire.
Éric, lui, réalise avec le recul à quel point il était absorbé par son entreprise.
“On ne me voyait pas comme ça avant”, lui disent ses proches.
Preuve que l’entrepreneuriat transforme… parfois sans qu’on s’en rende compte.
Ce qu’ils feraient différemment
Avec le recul, les deux témoignages convergent :
- aller moins vite
- poser des limites
- prendre du recul
- multiplier les points d’étape
Et surtout : ne pas tout sacrifier.
Parce qu’entreprendre permet de s’accomplir. Mais ce n’est pas une fin en soi.
Autre enseignement fort — déjà évoqué lors d’une précédente We Share :
la réussite ne se résume pas à la croissance.
Pour Hélène, sa plus grande fierté n’est pas un chiffre. C’est d’avoir créé du lien entre les personnes de son équipe.
Ne pas rester seul
S’il fallait retenir un message de cette soirée, ce serait celui-ci : ne pas rester seul.
Que ce soit dans les moments de doute, de décision… ou même quand tout va bien.
C’est exactement ce que propose Cap Réussite depuis sa création :
- Créer des rencontres.
- Provoquer des échanges.
- Offrir un espace où l’on peut être sincère, sans filtre.
Parce que ces conversations-là peuvent tout changer.
Et après ?
La soirée se termine comme elle a commencé : avec de la sincérité.
Un constat partagé : le chemin n’est jamais celui qu’on avait imaginé. Mais il permet tout de même d’arriver à la bonne destination pour soi… À condition de s’écouter, de mieux se connaître, d’aller chercher de l’aide si besoin, et d’accepter que les moments difficiles fassent aussi partie de l’aventure.
Peut-être même qu’ils en sont une des clés.
